En talmi, les prépositions servent à
introduire certains complément du verbe. Les prépositions se placent devant les
groupes de mots auxquels elles se rapportent, éventuellement devant l’article.
Elles sont invariables (elles ne se déclinent pas et ne se conjuguent pas). Certaines
d’entre elles, indiquées dans le dictionnaire, sont aussi des adverbes :
sans changer de forme (sans l’ajout du suffixe ix),
elles se placent alors, dans le groupe de mots, comme tout autre adverbe.
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Les prépositions, lorsqu’elles indiquent une origine, comme de (de – sauf complément du nom ou de l’adjectif) et from (depuis, dès), ou encore un agent, comme par (par) et ac (à cause de), commandent le génitif (mais par, lorsqu’il indique un moyen, commande l’accusatif). Les prépositions, lorsqu’elles indiquent un lieu ou un moment où se passe l’action (localisation, sans déplacement vers ce lieu ou ce moment) commandent l’accusatif. Les prépositions, lorsqu’elles indiquent une destination de lieu ou de temps, commandent le datif.
Rappel du numéro 6 :
« Une même préposition, utilisée avec l’accusatif ou avec le datif, peut avoir un sens différent. Ni sôtir sar slepontim, par exemple, signifie que, y étant déjà, je saute sur le lit, tandis que ni sôtir sar slepontil, de son côté, signifie que je saute sur le lit à partir d’ailleurs (par exemple à partir du plancher). D’autres prépositions voient leur sens modifié de la même façon, en fonction de l’utilisation de l’accusatif ou du datif. Par exemple : en, dans et a, à.
« De son côté, la préposition par, par voit aussi son sens modifié si elle est utilisée au génitif ou à l’accusatif. Au génitif, elle introduit un complément d’agent, l’agent étant l’être qui agit réellement, qui est la source de l’action. Au datif, la même préposition introduit un complément circonstanciel de moyen. Par exemple, apli eθipi par nis (génitif) par motim (accusatif) signifie que la pomme (sujet d’un verbe passif) est mangée par moi, par nis (la personne qui agit réellement) par la bouche, par motim (au moyen de celle-ci).
« Enfin, la préposition from suivie du génitif signifie depuis (que), alors qu’elle signifie dès (que) lorsqu’elle est suivie de l’accusatif. »
Le complément circonstanciel de temps nécessite l’utilisation d’une préposition lorsque ce complément est un groupe nominal. Parfois le groupe nominal est remplacé par un adverbe et la préposition n’est alors plus nécessaire, car l’adverbe contient en lui-même toute l’information nécessaire (voir l’exemple).
Remarque : certaines prépositions françaises n’existent pas en talmi : à (complément indirect), pour (complément indirect – à moins de mettre en valeur le contraire de contre) et de (complément du nom ou de l’adjectif ou devant un verbe à l’infinitif). Elles sont remplacées par l’utilisation des cas suivants, sans préposition : à : datif, pour : datif, de : génitif – et il n’y a rien devant le verbe à l’infinitif.
Exemples
Ni
sir a Levim. Je suis à Lévis. (Préposition
et accusatif : localisation.)
Ria
vnir a Levil. Elle vient à Lévis.(Préposition et datif :
destination.)
Ria
vnir de (fis) Cebec. Elle vient de Québec. (Préposition
et génitif : origine.)
Nui
sir en tranim. Nous sommes dans (le) train. (Préposition et accusatif :
localisation.)
Nui
ftir en tranil. Nous allons dans (le) train. (Nous montons dedans. Prép. et dat.:
destination.)
Nui ftir en tranim. Nous allons en train. (Nous sommes immobiles dans le train qui, lui, se déplace. Préposition et accusatif.)
Vui
sir en. Vous êtes
dedans. (Adverbe
sans préposition.)
Ni
eθil djis dem. Je mangerai jusqu’à demain. (Préposition
et adverbe.)
Vi sir cum riam. Tu es avec elle. (Préposition et accusatif – ni origine ni destination.)
Rie
rim donif rial. Il le donnera à elle. (Pas de préposition, mais
accusatif et datif.)
Fie
θaie Annias. Le chat (mâle) d’Anne. (Pas
de préposition, mais génitif.)
Dezdi
luballi. Décider de déballer. (Pas de
préposition.)
Nui
ftif a sirdesim. Nous
irons (« à ») lundi. (Préposition
a nécessaire avec c. circ. de temps.)
Nui
ftir sirdesix. Nous
irons lundi
(« lundiment »). (Compl. circ. adverbe, donc pas de préposition.)
Ri vnif a z’ evnim. Il viendra (à) ce soir. La préposition est nécessaire car le complément est un groupe nominal. On utilise l’accusatif, car il viendra ce soir et non jusqu’à ce soir.
Ri vnif esevnix. Il viendra ce soir (« ci-soir-ment »). La préposition n’est plus nécessaire car l’adverbe contient toute l’information nécessaire.
Ria
natih esvegdesix Elle est née samedi (« ci-samedi-ment »).
Elle est née samedi.
Pur Paulil e lupur Petril. Pour Paul et contre Pierre. On utilise exceptionnellement pur, pour, devant un nom au datif afin de mettre en valeur le contraire de lupur, contre.
Exercices
Débutant
Où se placent les prépositions ? Elles se placent ... ... ... éventuellement devant ... ... ... .
Certains mots,
indiqués dans le dictionnaire, sont parfois une préposition, parfois un
... .
Est-ce que toutes
les prépositions françaises ont un équivalent talmi ?
Une préposition
qui indique une origine est suivie du génitif, de l’accusatif ou du datif ?
Une préposition
qui indique une localisation est suivie du génitif, de l’accusatif ou du datif
?
Une préposition qui indique une destination est suivie du génitif, de l’accusatif ou du datif ?
Intermédiaire
Traduire en français
ante il y a
camiu arriver
Cebec Québec
cofiniu se diriger
de de
dem demain
emi mois
he chez
Icaluitis Iqaluit
nefi navire
ri il
ra trois
Rojerie Roger
sar sur
si lui (soi)
siu être
upiftiu monter
ve vers
ze ce
θocigalri brise-glace
Θocigalri
cofinir ve Cebec.
Ri camir de Icaluitis.
Rojerie sir sar ze nefim.
Rie upiftih sar ze nefil ante ra emum.
Dem rie sif he sim.
Traduire en talmi
à a
aller ftiu
après demain posdem
ce soir esevnix
cette nuit esnoctix
dormir slepiu
le/la fi
Lévis Levi
loin de far (commande l’accusatif)
lui (soi) si
ne pas δâ
Le navire est à Québec
Ce soir Roger ira chez lui (soi).
Cette nuit il dormira chez lui (soi).
Il ira à Lévis après-demain.
Lévis n’est pas loin de Québec.
Avancé
Traduire en français
Ni sôtir en ftyrigil, e ni camir.
Ri’ ejmir, e ejmi asiftir par nosizecum ris.
Vi ectinir par papagalis vis : ri vim pobir!
Traduire en talmi
Je suis née à Montréal en 2003, puis j’ai déménagé à Trois-Rivières en 2011.
C’est loin de Vancouver, d’où vient ma mère, qui a toujours aimé voyager loin.
Comme nous travaillons les mardis, nous viendrons chez toi samedi.
Bonne nouvelle : la statue de Michel est maintenant sur son socle!
À cause de son poids, elle a été installée par une grue opérée par Valérie.
Depuis juillet, Valérie se lève dès l’aube.
Prononcez correctement à haute voix la phrase suivante, en n’oubliant pas de bien placer les accents toniques nécessaires.
Ni
natih a Ohlagim en 2003, pi ni xamponih a fil Ra-Riveru en 2011.
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