G- LA POÉSIE TALMIENNE

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En talmi, dans un poème mesuré, les diphtongues comptent pour une seule voyelle.

Les vers ne riment pas nécessairement, mais doivent contenir au moins une double ou triple assonance Autrement dit, la suite des deux ou trois dernières voyelles ou diphtongues (une diphtongue comptant comme seule une voyelle) doit être la même dans les deux vers, peu importent les consonnes. Par exemple, si iu, e et i se suivent à la fin de chaque vers (peu importent les consonnes), ils forment une assonance de trois sylllabes.

L’assonance doit aussi tenir compte de l’éventuel accent tonique : si elle en contient un ou davantage, ils doivent occuper la même position. Par exemple : à l’avant-dernière syllabe du vers. S’il n’y a aucun accent tonique dans l’assonance, celle-ci doit alors comporter un minimum de trois syllabes. Autrement dit, une assonance d’une seule syllabe est insuffisante et une assonance de deux syllabes sans accent tonique est insuffisante elle aussi.

La ponctuation n’est pas nécessaire (sauf les éventuels tirets et points d’interrogation et d’exclamation) et une ligne vide sert à séparer les phrases plutôt que les strophes.

Les vers en assonance peuvent alterner selon les rythmes habituels de la rime en poésie française : aabbccdd, ababcdcd, abbacddc, aabccb, aaabbbccc, etc.

Exemple d’un poème octosyllabique, tenant compte des règles talmiennes de la poésie mesurée, non ponctué et suivant le rythme simple aabbcc. Les syllabes totalisant le minimum exigé par la présence ou l’absence d’accent tonique, dans le vers, sont soulignées. La traduction, elle, est décasyllabique, sans recherche d’assonance.

Frisesni                                           Automne

Su me desim cuvur gre grab     
  Sous un court jour couvert gris (et) pesant
Ftir a zlil θolui ruj e flav              Vont au sol les feuilles rouges et jaunes

Oh pur en jardim fiu tâhim*        Aujourd’hui pour faire tâche au jardin
Gustav devir repriu râtim*          Gustave doit réparer le râteau
Allâ rie hon altir terbix                Mais il** vieillit déjà terriblement
E bêtô py slovif pemlim                Et bientôt n’aura plus besoin de peigne

* Assonance en iu, â et i (davantage que le minimum exigé), avec de surcroît une rime en im : si la rime n’est pas exigée, elle n’est pas interdite non plus, du moment que l’assonance est suffisante.

** Rie (il) est masculin et renvoie nécessairement à Gustave.

Remarque importante

La poésie est une forme d’expression éminemment personnelle. Ces règles sont un guide pour une personne qui a le goût de relever un défi rythmique et sont donc facultatives – à moins qu’il ne soit explicitement demandé de les suivre (par exemple dans le cadre de l'exercice avancé ci-dessous).


Exercices

Débutant

En talmi, dans un poème mesuré, une diphtongue compte pour combien de voyelle(s) ? 

La ponctuation est elle habituellement nécessaire ?

Les règles de la poésie talmienne sont-elles toujours obligatoires ? 

Intermédiaire

Combien y a-t-il de syllabes dans chacun de ces vers en talmi ?

Marhiur sar fim htomim alat     

Ni truvir dâ sfenum sabal 

Traduisez ces vers en français – et pour cela, commencez à chercher les mots que vous ne connaissez pas dans le dictionnaire : ce sera en même temps votre initiation au niveau avancé! (Dans votre traduction, il n’est pas nécessaire de respecter la mesure ni l’assonance.)

Avancé

Composez un poème de deux ou trois vers de huit ou dix syllabes chacun. Ce court poème doit suivre les règles de la poésie talmienne. N’hésitez pas à le lire et à le relire à haute voix pour vous assurer que sa musicalité vous convient. 

Prononcez correctement à haute voix la phrase suivante, en n’oubliant pas de bien placer les accents toniques nécessaires.

Gustav devir repriu râtim

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